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Mise en Cène (Wayne Williams & Darren Allan)

Publié le par Chris Mo

Mise en Cène (Wayne Williams & Darren Allan)
Piatkus Books 2013


" Qui se rappelle du film, « Souviens-toi l’été dernier » ?

Le jour de la fête nationale aux États-Unis (le 4 juillet), quatre étudiants prennent la route pour une destination week-end en folie pour fêter leur entrée à l’Université. Un évènement marquant chamboulera leur projet, ils renversent un individu sur la route. Le malchanceux est blessé mortellement, les jeunes décident de se débarrasser du corps.

Un an plus tard, l’un d’entre eux reçoit une lettre avec ce message troublant :

« Je sais ce que tu as fait l’été dernier ».

À la suite de quoi les quatre adolescents concernés vont vivre un cauchemar sanglant.

Et bien « Mise en cène » de Wayne Williams et Darren Allan c’est aussi la même trame de base. C’est une variation pas très catholique du film, « Souviens-toi de l'été dernier » réalisé par Jim Gillespie en 1997. Le titre original en anglais de « Mise en cène » le rappelle encore plus « I know what you did last supper »... qui nous renvoi de facto à « I know what you did last summer ».

La différence est que la victime est Jésus et qu’il n’a pas été percuté par une automobile, mais bien, cloué sur une croix. Ce ne sont pas 4 adolescents qui sont responsables, mais Judas. Qui vous le savez ou non, avait trahi son maître. Le traître recevra un mot mentionnant : « Je sais ce que tu as fait ».

S’en suivra alors, une course contre la montre pour permettre à Judas de tenter de se racheter.

En gros, ce qui suivra sera succulent pour les amateurs de film d’horreur. Avec même, à un moment donné, une allusion au film « Saw » de Leigh Whannell (réalisation) et James Wan (scénario) sorti en 2004 (là je n’en dis pas plus pour laisser le lecteur la joie de découvrir cet instant glauque).

Autant vous le dire tout de suite, c’est gore et si la vue du sang vous rebute, lisez-le quand même. L’époque où se situe l’histoire est la particularité osée et bien foutue de l’histoire, car il s’agit donc de l’an 0, celui de l’année de Jésus Christ.

La construction est celle d’un thriller tourne page. Il y a plus de 60 chapitres très courts, de fausses pistes et des coups de théâtre bien placés. Il n’y a pas de cours de théologie, ou de mysticisme exacerbé. Non, ce n’est ni plus ni moins un bon thriller historique – et je peux ajouter un soupçon fantastique à cause des pouvoirs du Christ. Une uchronie en somme, l’histoire un tout petit peu modifiée dans un contexte réel.

L’essentiel est le thème de la trahison, un peu d’amitié, d’amour désenchanté, et surtout, le dilemme du pauvre Judas qui doit se débrouiller avec l’aide partielle de quelques amis (ce qui les rend un peu gauche dans leurs raisonnements et parfois comiques. Livrés à eux-mêmes, ce fût un temps où les experts scientifiques, les profilers, les super flics, les GSM, et l’internet n’existaient pas), ils vont tenter de démêler le nœud coulant qui se resserre sur Judas et son entourage depuis qu’il a dénoncé le Messie.

C’est une intrigue classique et sans faille, très fluide, accessible à tous, une écriture effrénée, un rythme TGV. Un scénario irréprochable où tout se suit et se croise quand il le faut. On n’y retrouve pas la profondeur déstabilisante d’un Thomas Harris, mais ce n’est pas grave, ce n’est pas le but. Cela n’enlève rien à la qualité du travail accompli. J’ai eu la sensation que l’envie de divertir primait en proposant une histoire loufoque et horrible. Je trouve que ce désir a été intelligemment partagé, avec audace et succès.

C’est une mésaventure prenante et qui pour changer n’offre pas une fin expéditive. Ce livre est un exemple type d’un art de la mise en scène maîtrisé. Un sans faute.

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