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L'Enjoliveur (Robert Goolrick)

Publié le par Chris Mo

Ce que m'inspire la nouvelle "Enjoliveur" (photo 2011/Aaron/de ChristopheMoulaert)

Ce que m'inspire la nouvelle "Enjoliveur" (photo 2011/Aaron/de ChristopheMoulaert)

L'Enjoliveur (Robert Goolrick)

L'enjoliveur
Robert GOOLRICK
AC 2016


Quatrième de couverture éditeur:

"Par ce matin givré de février, mon entrevue avec la mort fut à peine remarquée, et ses rebondissements secrets ne devaient m’apparaître que des décennies plus tard. Or j’imagine que c’est précisément ce qui nous intéresse ici, si vous êtes prêts à traverser d’abord l’hiver glacial de mon anecdote bucolique. Les rebondissements, donc. Un rebondissement, pour être précis, aussi scintillant que l’enjoliveur de la Buick 1943 de ma grand-mère. Une bonne nouvelle pour changer."

Avis:

70 pages de plaisir, moins " Féroces" que ce que j'ai déjà rencontré, toujours amer, très sensible, agréablement nostalgique. Les Illustrations aux couleurs feutrées , images simples d'objets qui ont marqué l'époque, rappellent les photos style agfa jaunies et nous replonge agréablement dans le passé. Celui des années '50 où l'imagination avait encore une place prépondérante dans l'occupation des gens et surtout des enfants. Époque ou l'on désire prendre la main de ce gamin qui souffre d'un manque d'attention afin de le consoler.

L'Enjoliveur (Robert Goolrick)

Féroces
10/18 Janvier 2016

Robert Goolrick

The End of the World as We Know It : Scenes From a Life

(Robert Goolrick 2007/Editions Anne Carriere 2010/Pocket 2012)

"Une expérience terrifiante, mais magistrale."

Nicolas Ungemuth, Le Figaro Magazine

« Monsieur Ungemuth avait raison. »
Chris Mo, le passe-temps blog ( J)

L’auteur est né en 1948 en Virginie, il a grandi dans une famille populaire de la région, il a connu les années 1950 pleines de convenances, de cocktails à la mode, de discussions sur le passé américain, et les tendances de l’époque. Il a suivi son cursus universitaire dans cette ville, à Johns Hopkins à Baltimore. Il espérait devenir peintre ou acteur lorsqu’il vécut en Europe. Mais après son premier livre (Féroces), ses parents le déshéritèrent. Il est retourné aux États-Unis, à NY, juste après, il y a travaillé en tant que publicitaire, période pendant laquelle il poursuivait l’écriture. Depuis, sa plume a touché des millions de lecteurs, il a écrit deux autres livres qui eurent un succès considérable : « Une femme simple et honnête » paru en août 2009/pocket 2011 et « Arrive un vagabond » paru en août 2012/pocket 2013.

Le contenu du livre « Féroces » reprend — sans le nommé directement — une partie de ce qui est dit dans la présentation de l’auteur. Il n’y a pas que ça bien sûr.

C’est l’histoire d’une enfance détruite, d’une vie d’adulte explosé, d’un vécu déstabilisant – c’est le moins que l'on puisse dire. Tout s’y trouve pour écraser un individu. On présente l’image de parents exemplaires de prime abord, mais très vite on constatera leurs complètes absences, leurs défaitismes, des parents malheureux et alcooliques dans les ombres de vies emplies de popularité. L’auteur dévoile des secrets durs de cette période nauséeuse en famille. Les raisons sont multiples et inattendues. Graves et irréparables.

Adulte, Robert Goolrick, ne supporte plus d’être abandonné (entre autres, par sa maîtresse et son amant) ; cette déception est le déclencheur qui le pousse dans la dépression chronique, l’alcool, les médicaments et le comportement suicidaire avec auto mutilation compulsive. Il poursuit sa vie seule et devient un écrivain solitaire reconnu.

Après avoir lu cela, vous vous dites certainement que vous avez une sensation de déjà vu à propos du thème et que des comme lui, il en pleut des cordes.

J’étais bien parti pour affirmer la même phrase. Franchement, dès le départ je ne voyais pas où Monsieur Goolrick voulait en venir. Certes, j’y ressentais un récit autobiographique triste, mais cela ressemblait beaucoup plus dès les premières pages à une démonstration technique prétentieuse, d’un usage et d’une maitrise de l’écriture. Donc, oui, pour moi c’était de la frime.

En même temps, à contrario, on trouve aussi un style simple. L’auteur joue avec les deux genres. J’ai ressenti les quatre-vingts premières pages comme une espèce de préparation pour le lecteur.

Après, on s’engouffre dans des périodes hallucinantes (des phrases de plusieurs pages sans points finaux !), stupéfiantes ; sonnant comme une rage, un hurlement. À terme, le lecteur pourrait respirer après ces longues diatribes, mais c’est impossible, car dans ces passages qui pourraient ressembler à du verbiage, il y a des éléments qui se révèlent, frappent, choquent et amène le lecteur à comprendre la démarche de l’auteur et évidemment à continuer la lecture avec beaucoup d'impatience.

Rien ne devient futile. Il y a des répétitions de mots pour insister sur leurs importances dans un contexte donné. Il ya un jeu étonnant de séquences passées et présentes sans que l’auteur et le lecteur ne s’y perdent. Un exercice pointilleux sur les éléments lâchés à propos des personnages, leurs actions, les répercussions sur les uns et les autres.

Tout à sa place. Un résultat brillant, à la juste mesure amère et féroce.

Rem.

Je trouve que l’attitude des parents Goolrick est une variante de celle de « La famille Fang » de Kevin Wilson (presse de la cité 2013/Pocket 2014), en plus de jouer sur les apparences – même si les motivations des deux familles sont différentes. Ce que je pointe, ce sont les conséquences sur la vie des enfants. Ils suivent les parents plus par amour que par choix, ils en souffrent, ils sont déchirés par le basculement entre les apparences données en public et les vérités cachées. Perturbés par la relation parents-enfants. Une relation amour-haine de laquelle résulte un avenir difforme, incertains pour ces enfants qui n’arrivent pas à se débarrasser de cet état de dépendance familiale même si ça leur est néfaste. C’est un peu l’histoire de l’égoïsme parental ou de la soumission enfantine.

L'Enjoliveur (Robert Goolrick)

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so 18/07/2014 13:36

J arrive vers les 80 pages et j ai le même ressenti que toi à ce terme, je me doutais bien qu'on allait passer dans un autre univers par la suite... si tu lis les suivants, dont la construction narrative est moins perturbante, plus classique, tu devrais avoir un peu le même ressenti que moi, c'est à dire être 2 histoires qui commencent sur un ton si simple si fournis de détails futiles qu'on se croirait dans un roman à l eau de rose et puis petit à petit le destin broie les humains et goolrick devient un conteur qui t arrache des larmes de bouleversement en t exposant la vie brute, brutale, et en cherchant désespérément à retirer le bon de l être humain. Et toujours l enfance bafouée entraînée dans les délires des adultes... ouais il m énerve en fait parce que j ai commencé chacun par "pfff c est chiant a lire pourtant je peux pas m arrêter mais comment est ce possible" pour finir "c est un conteur, un magicien il m a eu" !!!