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Contes du jour et de la nuit (Maupassant)

Publié le par Chris Mo

Contes du jour et de la nuit (Maupassant)
Contes du jour et de la nuit (Maupassant)

Maupassant

(1850-1893)

Contes du jour et de la nuit.
Folio classique 2013

(Edition de Pierre Reboul, Gallimard 1984)

Maîtrise absolue pour attirer l’attention lorsque l’auteur raconte une histoire. Le conte se différencie de la nouvelle par la technique privilégiant l’oralité du récit. Le titre aurait pu être « contes et nouvelles », car les deux styles se retrouvent dans le recueil de ce prodigieux écrivain, nouvelliste, auteur de plus de 300 textes en dix ans, du 19e siècle.

Un des éléments qui captive le lecteur est d’amener les personnages à raconter eux-mêmes les événements. Stratégie fabuleuse qui attise la curiosité.

Souvent, après l’introduction des personnages dans un décor poétique, l’histoire est racontée par l’un d’eux : dans « Rose », deux bourgeoises conversent à propos de l’amour où « On est toujours flatté de l’amour quel qu’il soit » et l’une d’elles en vient à raconter une expérience personnelle « Tiens, je vais te dire une singulière aventure qui m’est arrivée. Tu verras comme c’est curieux et confus ce qui se passe en nous dans ces cas-là. ». Autre exemple du même acabit, dans « Le bonheur » : « Alors un vieux monsieur, qui n’avait pas parlé, prononça : — Tenez, j’ai connu dans cette île, qui se dresse devant nous… ». Pareil dans « La main », « Tombouctou », « Histoire vraie » et « Adieu ».
Une autre méthode proche consiste à évoquer un souvenir, des faits du passé, pour expliquer les conséquences sur un instant présent. Celui-ci étant introduit en début de récit. « L’aveu », « Le parricide », « Souvenir » et « La confession ».

« Le crime au père Boniface » et « La parure » privilégie la chute.

« La roche aux guillemots » est un pont entre l’effet final inattendu et la catégorie suivante ; « Le vieux », « Un lâche », « L’ivrogne », « Une vendetta », « Coco », « Le gueux », « Le petit » où la fin est prévisible.

Il fallait citer tous ces titres au contenu tragique, nostalgique, ironique et surtout réaliste ; car tous m’ont incontestablement diverti malgré – presque toujours dans ce livre, à part pour « Le crime au père Boniface » qui est le seul qui tourne au quiproquo rigolo – la noirceur, la tristesse, l'issue dramatique des textes. Guy de Maupassant est un manipulateur habile du non-dit, un décorateur paysagiste hors pair, un fin créateur de personnages éclectiques, un peintre du réalisme des sentiments et des situations cocasses. La famille, la veuve et l’orphelin, la vengeance, le crime, sont des thèmes récurrents – en rapport avec les observations sur son temps et sa situation personnelle — traités à différentes sauces sans donner une impression de répétition ou de déjà vu. C’est d’une finesse, d’une si grande technicité, caché derrière un air de simplicité si abordable ; et en si peu de page, que la conclusion en devient évidente.

Lisez Maupassant, c’est tout.

Je n’en ai pas fini avec lui.
Je me lance dans un autre recueil, genre privilégié par l’écrivain : LES CONTES FANTASTIQUES !

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