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Enfant terrible (John Niven)

Publié le par Chris Mo

Enfant terrible (John Niven)

Enfant terrible
10/18
Février 2016

SONATINE 2015

Straight White Male
JOHN NIVEN
2013
Auteur et scénariste écossais,

premier roman publié en France

C’est un écrivain irlandais qui vit à L.A., il est riche et célèbre, il a une attitude un peu anticonformiste. Un grand flambeur. C’est un homme intrigué par la mort et la routine. Il se réfugie donc dans les plaisirs classiques que sont le sexe, la drogue et l’alcool ; tout cela au détriment de son entourage aussi bien professionnel que familial. Il provoque et « tue l'amour ». Il s’enfonce dans la décadence alors que les responsabilités reviennent au galop. Comme le fisc qui, quelque part, est un déclencheur important qui le poussera à prendre les choses en main. Par chance, l’opportunité de régler les problèmes d’argent arrive avec sa nomination à un prix littéraire prestigieux. Cependant, une condition non négociable lui est imposée. Kennedy ne peut accepter cette fameuse récompense que s’il enseigne une année – il faut dire que la dotation est très alléchante en contrepartie – dans l’université qui est à l’origine de ce bouleversement. Et non des moindres puisque c’est en Angleterre, dans l’université où son ex-femme enseigne, pas trop loin de la ville où sa famille vit toujours, finalement où tout ce qu’il a fui n’a jamais quitté son enracinement, qu’il doit séjourner.

Pour être franc, au début, j'étais assez ennuyé par les digressions — interventions de l'auteur dans l'histoire —, les rajouts explicatifs qui ne tiennent parfois qu'à une phrase ; même si je comprenais bien que l'artiste en avait sous les doigts.
Néanmoins, après ce passage légèrement nuageux — le premier chapitre surtout, puis l'effet s'estompe ; la vitesse de croisière s'est installée et je me suis plongé dans l'histoire.
En gros, je dirais que celui qui veut se nourrir des dessous stratégiques hollywoodiens et éditoriaux, à travers le regard d'un personnage principal totalement désintéressé de sa condition d'homme brillant et riche. Il doit y aller et lire ce livre. En deuxième partie, plus noire, plus nostalgique, plus dramatique ; si le lecteur veut découvrir comment Kennedy évoluera en Angleterre auprès de sa famille, de son ex-femme, de sa fille, de ses futurs étudiants, et de ses obligations d'écrivains..., il doit y aller et lire ce livre.

Dans l’ensemble, le lecteur devrait apprécier sans grand effort cette histoire à la prose enflammée, tintée de poésie, nourrie de nombreuses références littéraires dont les principales sont certainement James Joyce et W.B.Yeats.

Un court extrait parmi tant d’autres… C’est aussi ce qui est bien dans ce bouquin, il y en a pour tous, érudits et néophytes. Si le lecteur aime cela, alors il doit y aller et le lire le John Niven.

« - Dites-moi, Mr Marr, intervint l’Américaine, que pensez-vous du potentiel de vos étudiants pour l’écriture ?

(…) – Bah, certains ont le sens de la phrase, assurément », dit-il, conscient que le reste de la tablée s’était tourné vers lui pour l’écouter. Il s’arrêta. Réarrangea sa serviette.

– Mais ?… insista le professeur Bell.

- Disons que… très peu d’entre eux semblent avoir saisi ce que Fitzgerald appelait « le prix d’entrée ».
- C’est-à-dire ?

Tes putains de tripes étalées sur la page. »

(franchement, la suite est intéressante mais je n’allais pas tout copier quand même, trop long pour un si petit blogue, donc voyez la page 366)

 

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