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L'incroyable histoire de Wheeler Burden (Selden Edwards)

Publié le par Moulaert Christophe

L'incroyable histoire de Wheeler Burden (Selden Edwards)

L’incroyable histoire de Wheeler Burden

Selden Edwards


The little book (2008)

10/18 (2015)
Le Cherche Midi (2014)

Premier roman d’un auteur américain né en 1945, professeur, maîtrise en éducation, doctorat en mythologie et en psychologie des profondeurs.
Un résultat copieux qu’il avait commencé à écrire en 1974, quand il était professeur d’anglais ; il termina l’écriture en 2007 : soit, 30 ans de gestation !
C’est un impressionnant exemple de ténacité.
Il y a un autre livre de Mr Edwards, qui serait une suite à celui-ci. Intitulé « The Lost Prince » publié par Dutton en 2012 aux États-Unis, un franc succès également, que le lecteur francophone attendra impatiemment. Il semblerait que le lecteur sera plongé dans la vie d’Eleanore – grand-mère de Wheeler — principalement, après cette incroyable histoire dont elle est finement liée.

Histoire

D’une façon inexplicable et inattendue, Wheeler Burden, un cinquantenaire américain, a quitté sa ville de San Francisco de 1988 pour se retrouver en touriste dans la sulfureuse Vienne de 1897.

Les portes s’ouvrent sur une époque en pleine mutation, de modernisme intellectuel, la jeunesse viennoise. Quelque chose se passe ; un changement de mœurs, d’idées. L’antisémitisme juif est un feu qui couve.

En même temps, Weelher tombe amoureux de la brillante américaine, Weezie, alias Emily James d’Amerst, une chroniqueuse musicale pour le NY Times. Il va connaître une incroyable histoire qui prend ses sources aussi dans celle de sa famille, sur plusieurs générations. Donc, il fera connaissance avec près d’un siècle d’histoire d’une manière hors du commun.

Commentaire

Tout d’abord, il faut préciser que le titre anglais est très significatif aussi : « The Little Book » est un petit carnet qui accompagne Weelher dans cette aventure, c’est un petit livre annoté par un prof d’histoire, Haze, passionné de la ville et de la période en question. Son rôle est primordial.

Pour revenir sur le récit. Celui-ci est très riche, une très belle représentation d’une fresque historique. Un plongeon irréprochable dans la Vienne de la fin du XIXe siècle, séduisante, dévergondée. En pleine effervescence, arrivée à un tournant de son histoire. Elle féconde un nid de talents, d’intellectuels qui bouleverseront le monde : le psychanalyste Freud, le musicien Mahler, le philosophe Wickstein, des peintres comme Kleist, Klimt, etc. C’est la révolution du modernisme presque universel ; c’est la sécession viennoise. Comme le Siècle des lumières français. Avec ses zones rouges malheureusement, la révolte sanglante, naissance de l’antisémitisme juif initié par Lueger, le maire de la ville, idéologie qui inspirera Adolf Hitler plus tard.

Si vous ajoutez des histoires d’amour, de la tragédie animée de choix cornéliens, de l’héroïsme, vous avez un récit complet. En tout point, impeccable, et facile à lire.

Freud est très important dans le récit, l’ensemble est clairement une autre illustration d’Œdipe, jeux de sentiments violents entre les protagonistes concernés (le reste est dans le récit, évitons de développer). Et puis forcément, quand on parle voyage dans le temps, la question de vouloir changer l’histoire est soulevée. Quid du petit A. Hitler ? L’éliminer lui ou ce qui l’a rendu complètement malade. N’était-il qu’un pion sur un échiquier plus imposant ? Alors n’aurait-il pas fallu changer de joueurs d’échecs ou simplement supprimer le jeu complet ? Effacer Luger et ses idées antisémites ?

C’est une très bonne histoire d’un bout d’histoire, une belle fiction, du très très gros travail.




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