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C'est dans la boîte (Frédéric Ernotte)

Publié le par ChrisMo

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C'est dans la boîte

Frédéric Ernotte

Édition Avant-propos (2012)

 Prix du Balai de la Découverte 2013


Belgium’s got talent !

À Namur, presque au centre de l’Europe (:-), en Belgique, il a quitté la circulation. Il est l’inspecteur Jeff Marnier depuis quelques mois. Il aimerait partager l’expérience que lui apporte sa fonction. Se désencrasser. Sortir de la solitude, parler de ce qu’il voit, vit et semble subir. Il est bloqué sur une enquête : « le tueur au piercing ». Sur le net, au fil de ses errances numériques, il trouve un forum qui répond à sa demande. La boîte noire. Ses vœux sont exaucés. Un lieu qui regroupe des enquêteurs du monde entier. Bien, il fait d’une pierre deux coups.


Il en devient très vite accroc. Après 3 mois, l’enquête piétine toujours. En même temps, un tueur de flics traque et massacre en toute impunité. À point nommé, le forum organise une réunion particulière, la ronde des boîtes. Celle-ci aura lieu dans un endroit retiré des Ardennes belges. 8 participants invités devront venir avec une boîte à chaussure dans laquelle chacun aura dû placer, au préalable, 5 indices concernant une enquête résolue ou non. Au cours de la nuit, le groupe devra tenter d’élucider l’énigme proposée par chaque individu. Ce qui promet un huis clos riche en histoire macabre.


Enfermé dans la boîte... j’ai été happé par la chose dès les premières pages. C'est dire. (Ce sentiment est indépendant de toute amitié avec l'auteur, nous ne nous connaissons pas. Donc ce n'est point une tentative de copinage, ce n'est pas ma Cam ;-)). Je sentais un démarrage qui annonçait une certaine audace ou une audace certaine et confirmée... En conséquence de quoi, ma curiosité brilla de mille feux.


Un peu plus tard, j’y ai découvert une sizaine de personnages, en si peu de pages ! Jeff reste le principal acteur. Quoique… les autres complètent le suspens comme tous ces cordages qui permettent aux voiles d’une caravelle de claquer dans le vent et pousser le navire plus loin et plus vite, plus beau et plus fort. Sans eux, nous aurions eu une mésaventure inconsistante. Un amas de bois à la dérive. Le capitaine en était conscient et il nous a menés en bateau avec un cap bien précis, nous laissant des nœuds plein la tête. Ce périple dans les océans noirs de la partie la plus meurtrière de la race humaine sème le doute à cause d’une intrigue à plusieurs degrés très audacieuse. L’ambiance de suspicion dans une soirée à tendance « Cluedo » et « Pictionnary morbide » est rondement menée. L’histoire est nourrie aux coups de théâtre alléchants. C’est un thriller réussi dans son entièreté. La flamme du suspens m’a brûlé les yeux. Elle n’a pas diminué d’un millimètre tout au long du récit. Je suis étonné. Ce fut une lecture rapide, énigmatique, morbide grâce à une écriture lucide, poinçonnée à l’humour bien dosé (un débat est possible sur la question du dosage. Faut-il plus ou moins d’extrapolation émanant d’un personnage sur ce qui l’entoure, objet, société, etc. ? Personnellement, si j’en trouve sur chaque page dans un roman, ça m’ennuie beaucoup, je ne terminerais pas le bouquin, ça m’est déjà arrivé d’ailleurs. Dans le livre de Frederic Ernotte, ce n’est pas le cas. J’en ai repéré, mais pas des tonnes. Ce n’est pas ce que je préfère, mais ça passe, car il n’y en a pas une cargaison. À côté de cela, les vannes m’apparaissent comme un contact, un échange réaliste entre individus. La plupart du temps, les gens en discutant entre eux, collègues de boulot par exemple, s’échangent rarement des blagues fines réutilisables dans un one man show. C’est souvent plat et plus simple. C’est fonction du contexte et tout, et « machin brol »… Les blagues à deux balles dominent le plus souvent. Soit, ce n’est pas l’heure de l’apologie de l’humour non plus. Hein !)


Il ne reste plus qu’à attendre le prochain livre de Mr Ernotte. En même temps, après un si beau coup, il place la barre très haut pour son prochain roman. Donc je suis agréablement surpris et je reste aux aguets. J’ai ressenti la même chose que quand j’avais lu « Vendetta » de RJ Ellory. L’effet de surprise intelligent. L’inattendu. L’unité d’un livre limpide où tout fonctionne. Ça fait du bien. L’auteur a une plume très dynamique. Les idées pointilleuses. Le texte est d'une grande fluidité. Ça ne sent pas l'amateurisme même si c'est un premier bouquin.


J’attends — si c’est envisageable, car je ne veux pas passer pour « The Fan » — un autre livre.

Bravo et bonne continuation l’artiste.

 

Commenter cet article

Jean 19/11/2013 12:14

Comme tu le dis, l'auteur que j'ai eu l'occasion de rencontrer, place d'emblée la barre très haut. Un livre tout à fait singulier et original dans le bon sens du terme. Un de mes coups de cœur
2013, sans aucun doute. Amitiés.

ChrisMo 19/11/2013 12:16



Merci pour tes commentaires mon amis Jean.
Toujours agréable de te lire !