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Franck Thilliez

Publié le par Christophe

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Atom[ka] (2012)

C’est la troisième affaire sordide du commissaire Franck Sharko et sa compagne le lieutenant Lucie Henebelle. Après le dyptique sur la violence qui est constitué de Syndrome [E] et de [Gataca], l’auteur revient en force. Avec ce troisième ouvrage qui n’est pas lié aux dyptique. C’est le retour des deux policiers presque emprisonnés dans une nouvelle affaire. Le dernier livre en date de Franck, l’auteur. Une merveille de thriller scientifique.

Sharko et Henebelle, un couple tendu, un tandem au bord de la désolation, essaie d’avoir un enfant. Les réminiscences du passé de chacun sont tenaces et leurs cicatrices inconsolables encore fraîches.

Un journaliste, Christophe  Gamblin, est retrouvé mort de froid dans son congélateur. Sa copine de l’instant, Valérie Duprés, semble avoir disparu. Elle a laissé un enfant malade, torturé, inconnu, dans son sillage. Dans le sud-ouest de la France, des femmes assassinées en série flottent. D'autres, sauvées des eaux in extremis, grossissent le mystère. Premier diagnostic, la noyade.

Un spectre presque fané reprend vie. Un psychopathe qui traque le binôme policier. Il ajoute une épingle dans le pied de l’affaire. Des éléments géographiquement éparpillés. Tous tournent entre Paris, Grenoble, le Rhônes Alpes et la Provence, Alpes, Côte d’Azur… Ça, c’est pour la France. Au-delà des frontières, le Nouveau-Mexique, la Russie et… Voilà ce qui attend le lecteur.

— Lucie est un peu en retrait dans l’histoire. Légèrement, comme si elle était déjà préparée à sa vie de femme au foyer. Eloignée des méchants pour la procréation proche. Une surprotection qui pourra se comprendre quand le lecteur découvrira le CV d’horreurs qui colle à la peau des deux flics presque désabusés. À un cheveu du délire. D’ailleurs, il faut souligner le caractère étonnant, très résistant, même si les larmes coulent à l’occasion, du Sharko. Un gars entre deux monde, rêve et cauchemar, le réel présent et passé, le mélange de tout. Ce mec est un gladiateur. Un vrai Maximus. Et pour cause, ce n’est pas donné à tout le monde de se débarrasser de la schizophrénie. Puis se retrouver dans une affaire à secouer la marmite au plus haut degré et ne pas tomber dans la folie. Avec un vécu pareil, il s’en sort très bien. Il a dû avoir une éducation spartiate, genre « l’agogé », qui date du IIe siècle av. J.-C., où des gamins de 7 à 20 ans étaient formés comme des légionnaires, à la dure. En image c’est la scène d’ouverture du film « 300 » réalisé par Zack Snyder en 2006.

Soit, mis à part cela. Un couple qui fonctionne, presque barge. Ils sont suffisamment écorchés et expérimentés pour ne pas céder complètement à la panique et garder la tête vers l’Est. La météo leur sera d’une grande utilité pour ce faire. Frais et dispo pour Atomka.

« Tous les regards sont braqués sur Fukushima alors que là, devant nous, on assiste à un génocide nucléaire. C’est purement et simplement monstrueux. » P497

Dans un autre registre : Toutes les prunelles s’humidifiaient devant NY après le passage de Sandy, les yeux avaient séché quand ils ont commencé à remarquer Haïti…

En plus du givre qui couvre le contenu du manuscrit et qui ronge les esprits dans/ou proche du livre, la température n’a de cesse de grimper. La cause : le suspens, l’intrigue. Dans un autre sens, elle joue un rôle fondamental à la compréhension de la machination qui sculpte cette enquête de glace. Une couverture bleue appropriée, une promo dans un cube frigorifiant. Tout est judicieusement conçu pour contaminer le lecteur.
Un atome scintillant qui soulève les yeux. Les connexions entre les neurones carburent, la tension s’accroit à chaque chapitre bref, la curiosité plus interloquée. Le chemin d’accès nous catapulte devant un mur d’équations à multiples inconnues. Les embûches radioactives et glaciales ajoutent la dimension scientifique supplémentaire, la signature de l’auteur. Une vraie chaise musicale de sciences, de peurs, de policiers et de tueurs illuminés. Une dénonciation des effets de la radioactivité. La frontière entre la vie et la mort. Une réussite minutieusement élaborée. Aux implications effrayantes, car calquées sur la réalité…
J’ai été suspendu à l’animation. Balancé aux frontières du réel. Comment rester de marbre devant une construction pointilleuse, une verve claire, un texte aussi structuré ? Ce qui occupe le plus l’esprit humain est la vie et la mort. L’un oublié par la peur de l’autre. Franck Thilliez nous offre une démonstration talentueuse et brillante.
C’était ma deuxième lecture du papa de Sharko et Henebelle. 
Le mélange des genres qui frôle la science-fiction tout en restant réaliste. C’est parfait, subtil surtout. Tous ces frissons m'ont poussé à rejoindre le coin du feu pour y déguster un bon petit vin chaud. Brrr…

PS : Une question me turlupine. L'écrivain envisage-t-il d’écrire quelque chose de plus intimiste proche du roman noir ?

 

 

SyndromELe syndrome [E] (2010)

 
Alors que les fans ont VERTIGE en tête, dernière œuvre de l’auteur paru en octobre 2011, moi je débarque avec mon impression sur Le syndrome [E]. Le livre qui m’a permit de découvrir pour la première fois le résultat de ce qu’à pu cracher la plume de Mr Thilliez.
Lille, Ludovic Sénéchal un passionné de cinéma ancien se procure une bobine de film, à Liège en Belgique, revendue par le fils d’un collectionneur décédé accidentellement. Ludo devient aveugle après avoir visionné ce court métrage pour le moins étrange. A l’hôpital, il demande l’aide de son amie Lucie Henebelle, inspecteur de police, pour découvrir le mystère caché de cette récente acquisition.
Rouen, Franck Sharko, un commissaire mis en congé pour schizophrénie, est envoyé sur l’enquête de 5 corps retrouvés en bord de Seine dans un zoning industriel, ils avaient le crâne scié, vidé, et énucléé.
Lucie découvre au découpage de la bobine de film que Ludovic serait simplement victime d’une cécité hystérique. Une défense suite à une agression soudaine du psychisme. Le film serait bourré d’images subliminales, qu’on ne voit pas à l’œil nu mais qui sont bien captées par le cerveau.
Quel est le lien entre les deux affaires Franck et Lucie ? Un coup de téléphone du Canada…
L’enquête progresse à une allure étourdissante. Plus il y a de connexions entre le film et les cinq corps, plus les morts s’entassent jusqu’en Egypte et au Canada.
Des réponses apparaîtront dans la science et l’histoire. La neuro-imagerie à St-Luc Bruxelles, vous imaginez ! L’hystérie collective en Afrique, en Egypte et combien d’autres… La légion étrangère en France, les orphelins de Duplessis au Canada…Qu’est-ce que c’est que ce foutoir ? Tout ça pour aboutir à une contamination mentale de la violence à partir d’un élément déclencheur. Dit sommairement, très légèrement : Sur un ensemble d’individu, un seul possède la capacité de déclenché une violence collective. Il « est » Le syndrome E. Le lien établi entre l’image, l’œil en tant que support et le cerveau est étonnant. Balancé le tout dans un thriller, c’est brillant.
Une bombe intellectuelle. Une vraie folie intelligemment agencée. Un nouveau style pour moi. Certains passages donnent l’impression de lire une revue scientifique, c’est vrai. Une petite simplification parfois aurait été la bienvenue. Je crois que c’est ce qui aurait pu provoquer l’ennui de ceux qui n’accrochent pas en science. Cependant, quel pari ! Une tâche ardue et réussie qui apporte la preuve du talent indéniable de l’ingénieur derrière ce chapitre premier sur l’origine de la violence.
En ce qui concerne les décors, c’est l’Egypte qui m’a le plus parlé. Le mieux planté de tous. On y sentait la chaleur étouffante, la pauvreté, la puanteur, le cliché du chef de la police, la corruption. Je me retrouvai presque dans un épisode du NCIS ou j’attendais Ziva apparaître en tenue Kaki filer un coup de main au Sharko ... Dans les autres pays c’est l’intrigue et les arguments scientifiques qui passent avant le décor.
La relation entre Franck, sa souffrance, et Lucie, ses enfants est la touche d’espoir et de douceur dans le roman. Jusqu’à un certains point. Je pense qu’il faudra attendre GATACA, deuxième tome de ce diptyque fouillé et original, pour voir comment leur relation tournera. En tout cas tout semblait bien parti…Ce fût les moments où j’ai soufflé. Le Sharko et sa version féminine quand il débutait dans le métier. Inlassable et motiver. Un duo complet.
Une première lecture passionnante qui fait de moi un admirateur de l’auteur. Vivement la suite de cet épisode. Opus déjà sorti en avril 2011, je sais ! Mais que je n’ai pas encore lu.

 

Site officiel

Pocket & Fleuve Noir

 

 

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