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Démon des morts,Démences,Apparition

Publié le par Christophe

1009-demon-mortsLe Démon des morts (1986)The

Paria (1983)

John Trenton doit s’adapter à la solitude depuis un mois, sa femme Jane Bedford de Salem est morte dans un accident de voiture.  Dans sa maison de Grannitehead, Quaker Lane Cottage, John est attentif au moindre bruit, au mouvement dans et de la maison. Il sent une présence. La balançoire grince la nuit, une chanson fredonnée, son thé préparé. Il s’interroge. Est-il victime de l’hystérie du veuf fraîchement attitré ? Promotion macabre. Il est peut-être encore trop tôt pour ne pas avoir l’impression qu’il est seul dans la maison. C'est probablement normal qu’il ait la sensation que sa femme est toujours présente. Entre-temps il continue à s’occuper de sa boutique d’antiquités marines. Seul. Petit à petit le froid s’installera dans la maison, malgré la cheminée bien fournie. Des pas, un halot scintillant sur la balançoire. Jane est là. « John »… 

« O les hommes qui ont appareillé de Grannitehead

Pour aller pêcher vers des côtes étrangères… »

« Mais le poisson qu’ils prirent n’était que des os

Avec des cœurs écrasés entre ses mâchoires »

Après s’être procuré un tableau avec une vue sur la côte ouest de Grannitehead du 17e siècle, avec un bateau sombre et discret flottant à l’horizon (le David Dark). Un membre du musée de la région (le Peabody) attire l’attention de John sur la valeur de l’objet. C’est ainsi que John s’intéresse à l’histoire maritime de la région. En même temps, des gens meurent de manière inexplicable. Des forces hostiles se manifestent. Le monde des fantômes, des esprits jouent au wija avec les vivants. Ils tentent d’entrer en contact. La magie indienne ainsi que des légendes mythologique surgissent d’un lointain passé.

« John, ne me laisse pas »…

À la lecture du quatrième de couverture, plusieurs références m’ont frappé et incité à lire rapidement le livre.

Je pense à la ville de Salem (le nid de vampires de Stephen King, qui lui-même fût inspiré par "Dracula" de Bram Stoker). Avec Graham M cette ville n'était rien de moins que la ville des sorcières. Il y a eu également une pensée pour Duma key de Stephen King où le bateau Perse est un élément morbide de l’histoire. Graham M utilise quant à lui le David Dark, qui est le centre de l’intrigue. L'usage de l’accident de voiture (encore un composant de Duma key et du départ de Démences de Graham M…). Les photos où tout n’est pas à sa place ramènent à Apparition que Graham écrira plus tard en 1990. L’homme seul avec ou sans enfants récurent, séparé ou veuf (Duma key, Apparitions,  Démences). Et tout comme dans Apparitions, Graham M fait de nouveau allusion à Lovercraft et le monstre Yog-Sothoth.

Finalement, je retrouve la tempête, le changement climatique, le vent, le ciel sombre lorsqu'un schéma apocalyptique est les prémices du dénouement d’une intrigue. L’ascension de forces néfastes qui atteignent leur apogée. (Pareil dans Duma key  et combien d’autres bouquins).

À la lecture, le lecteur est amené à réfléchir à un dilemme : que seriez-vous prêt à accepter, à négocier pour la vie d’un proche ? Là, je pense à la nouvelle "Extencion claire dans Nuits noires, étoiles mortes » et oui toujours du SK.

J’ai eu la sensation qu’il y avait eu plus de retenue sur le rythme de l’histoire. Plus d’insistance sur l’origine d’une malédiction, sur les phénomènes paranormaux qui hantent Salem et Grannitehead. Pas comme dans Démences et Apparitions où l’action est beaucoup plus présente, plus rapide tout le long de l’ouvrage.  Alors que le final prend le ton d’un « Walking dead » de Franck Darabont, L’approche de l’entité décrite si puissante m’a paru un peu facile pour John, la chose semblait passive dans son combat final…

C’est somme toute une fois de plus un mélange intelligent, étonnant propre au talent de Mr Masterton. Un livre à lire bien sûr.

 

demences-masterton.jpg 

Démences (1991)

Walkers (1989)

 

Action

Tout commence par un accident de voiture. Jack Reed, un homme exemplaire (à la tête d’une chaîne d’ateliers, Reed pose d’échappements & pneus de Milwaukee, marié à Maggie, un fils de 9 ans Randy) braque et percute un arbre. À cause d’une petite fille qui porte un imperméable blanc grisâtre et dont la capuche relevée lui occulte le visage. Après l’avoir recherchée dans les bois, il découvre un bâtiment immense, abandonné, orné de visage aux yeux fermés un peu partout. Jack est subjugué sans savoir qu’il va « droit au mur ». Sans savoir que c’était une maison de santé, pour malade mental. Il se projette dans un avenir grandiose avec l’idée de transformer l’endroit en un complexe de loisir et détente le plus grand jamais créé dans le Midwest. Il visite les lieux, cherche une éventuelle présence. La petite au manteau à la couleur fantôme peut-être. Un squatteur. Un gardien. Apeuré, c’est en courant qu’il s’en va. Après quelques jours, Maggie, la femme de Jack ne supporte pas cette nouvelle idée extravagante et le quitte. Obnubilé, attiré par cette demeure au potentiel alléchant. Jack y retourne avec Randy et Karen (sa secrétaire et nouvelle compagne) pour présenter l’objet de son désir. C’est alors que son fils, Randy, disparaît. Jack apprendra qu’il a disparu tout comme les 137 pensionnaires de l’asile nommé « Les chaînes » qui ont « fait le mur » soixante ans plus tôt.

Réaction

Une époque lointaine nourrira cette histoire au dilemme dément. 2700 av. J.-C.. Première utilisation de lignes d’énergies magnétiques se trouvant sous terre : les lignes-ley. La magie druidique exploitera cela. Sachant que là où se croisent ces lignes-ley se trouvent des sites avec une activité psychique extraordinaire. Les marcheurs sous terre apparurent alors. Un clin d’œil au mystère Stonehenge (ces fameuses pierres dont le rassemblement est inexplicable à cause de leur poids et de leur datation, mégalithique. On ne peut même pas dire que c’est Obélix qui a fait ça !) Ou aux statues de l’île de Pâques… La matière se serait-elle déplacée seule ? À travers bois et champs, sols et racines, via des chemins énergétiques puissants.

Je retrouve des similitudes dans Apparition et Démences.

Le thème de la séparation, fin du mariage : Jack et Maggie sont fraichement séparés. Jack se réconforte dans les bras de Karen. David W et Janie sont séparés également, David rencontre Liz. Le fils (Randy, Danny) a un rôle capital dans chaque histoire. Le stimulant. Qu’est-on prêt à donner, à combattre pour son enfant ? La curiosité de Jack et David : Ils sont attirés par une demeure, bien que Jack découvre la sienne par « hasard forcé » et que David y était pour une rénovation (peut-être « un hasard forcé » aussi). Soit, malgré la peur qui les habite face à l’étrange, l’horreur, leur curiosité prend le dessus. Ils savent que ne pas être là, où ne pas pousser le bouchon trop loin, est plus censé, mais ils ne peuvent s’empêcher de jouer au chat et à la souris.

L’intérêt de l’auteur pour ce qui touche le côté germanique. Dans « Apparition », Brown Jenkin (le monstre) parle en allemand. Dans « Démences », c’est plus important. Il y a une serveuse au type germanique, un restaurant Schneider : saucisses, choucroutes et « Deutschland über alles », un T-shirt Alf. Le sergent Shiller et son « Gemütlichkeit » (en allemand dans le texte, signifie atmosphère sympathique). Adolf Krüger est celui qui a fait construire l’asile, Les Chaînes : une éventuelle allusion à Adolf Hitler qui a instauré les camps de concentration dont le docteur Mengele se livrait à de sinistres tortures en masse vers 1941.

Pour finir, je dirais un livre dément. Un mur parfaitement cimenté, vous ne ferez qu'un avec la matière dans tous les sens du terme. Jack « est mis au pied du mur ». Il est obligé de comprendre,  forcé d’aller jusqu’au bout pour sauver son fils. Il y a un prix, démentiel, « à s’en taper la tête au mur », en vie humaine à payer. Le lecteur est obligé de s’interroger sur la finalité, l’issue de cette affaire glauque. Un dilemme qui évolue à une vitesse effroyable, sans dépasser « le mur du son », mais presque. Un concentré d’idées folles et astucieuses transpire de cette œuvre. Clair que vous risquez d’être emmuré de longues heures pendant cette lecture. Ne lisez pas le dos au mur, ni allongé sur le sol. Vous découvrirez que se fondre dans la masse est bien plus douloureux qu’il n’y paraît…


masterton

Apparition (1990)

D’abord, c’est mon premier livre lu de l’auteur. Je ne ferais donc pas de comparaison, avec Howard Phillips Lovecraft. Je n’ai rien lu de cet auteur. Pas encore du moins. J’ai bien compris que l’un avait une influence sur l’autre. G Masterton l’a souvent cité dans ce livre pour que je le remarque. Ça s’arrête là.

Action

David Williams gérant de son affaire de décoration d’intérieur est fraîchement séparé de Janie. Il lâche tout et il met les voiles, avec son fils Danny, sur l’île de Wight au sud du Royaume-Uni. Il y est convié pour la restauration d’une ancienne bâtisse de millionnaire. Fortyfoot House chez les Tenants qui veulent revendre le manoir. C’était un home pour orphelin créé par les Billings, père et fils, au 19e siècle. Un coin isolé, malsain, lugubre. Une maison fantôme avec ses bruits étranges dans le grenier. Du genre, le cliquetis des griffes d’un gros rat qui court. Un cimetière d’enfants, une chapelle et l’apparition d’un homme stressé et habillé en époque du 19e dans le jardin. Le plus étonnant est l’apparence de la demeure, entre autres, qui varie selon le point de vue auquel se trouve « l’invité d’honneur » David. Est-ce qu’il a des hallucinations ? Et son fils, que voit-il ? Que vient faire cette histoire de Brown Jenkin ? La créature que la population de Bonchurch connait depuis des générations. « Il viendra te chercher si tu n’es pas sage… » Un conseil se répète depuis la plus tendre enfance. Évitez Fortyfoot House avec ses lumières et ses bruits.

 

Réaction

La première scène n’augure rien de bon. Sur un plan purement personnel, vous confierai-je. J’entends par là. Avant de me glisser sous la couette pour la nuit, après quelques pages entamées, déjà ! Je me relève et j’agis en conséquence. Double vérification du verrouillage des serrures avant et arrières de la maison. Je décrète que cette nuit, ma femme sera la gardienne du temple. Promotion directe et sans émoi. Au moindre bruit soupçonné, je laisse le général et ses troupes se charger de la sécurité du citoyen. Pour ma part, je contribuerai au combat en surveillant mon oreiller. Je dis bien un seul bruit. Quelle que soit sa fréquence audible, on sait à quel point l’ouïe est fine dans ces moments de solitude. Je m’envoie le coussin sur la tête. Décision non convertible. Point barre.

« La tache de sang avait exactement la même forme que la dernière fois que je l’avais vue… il y avait une demi-heure environ, 106 ans plus tard » (P257)

L’imagination va loin dans cet opus. En plus d’un manoir hanté, le lecteur plongera dans des mondes parallèles. Voyage dans le temps grâce aux ziggourats de Babylone (tours à étages capables de modifier leurs formes physique). L’existence de créatures pré humaines qui, n’étant pas de ce monde doivent s’adapter progressivement à la Terre. C’est étonnant. L’écriture est claire, sans débordement, ni de longue platitude. La capacité de jouer avec les sens est talentueuse. Le décor est de mise, classique aujourd'hui, mais pas en 1992. Un lieu prisé des auteurs, la même île de Wight que celle de G Cooper et son livre des morts.

Il y a trois points que je voudrais souligner. Les scènes de sexes, un passage d’horreur et un argument d’un personnage.

La précision des actes sexuels est inutile. Même si les actes en eux-mêmes ont leur intérêt dans l’histoire, le côté pornographique de la chose aurait pu être tourné autrement. Ce n’est pas tant le « très porno » qui ne passe pas, c’est plutôt la manière dont c’est tourné. On dirait un cours de biologie. Nommé chaque partie du moindre morceau d’organe génital. On s’en fou à un certain niveau de précision. On ne cherche pas à être gynéco.

Et puis il y a une scène d’horreur. Je pense à celle de l’exécution du révérend Pickering. C’est sanglant, c’est le principal dans un tel massacre. Mais trop, tendance ennuyeuse. Ça ne devient plus horrible et casse la tension. C’est trop long si le carnage dure. Les yeux puis les trips et encore le bras, la jambe, encore et encore… Je n’étais plus dans la peur, et loin du dégoût à ce moment précis.

Billings dit en page 349 : « La psychologie… cela a toujours été mon point fort. Je voulais que vous soyez là et vous êtes ici ! » Quand on découvre le personnage, ça ne lui correspond pas vraiment puisque c’est un gars plutôt névrosé un peu dépassé par les évènements. S’il a une certaine intelligence, ce qu’il dit ici est plat. Il aurait pu nous présenter son analyse de la situation et si la psycho était son point fort, son attitude aurait été plus sereine. Il pleure à genoux au final. C’est un peu brouillon pour moi.

Au final, j’ai quand même aimé l’ouvrage. Un début très tendu, énigmatique. Un dénouement apocalyptique avec un peu de lumière pour la fin. L’auteur va très loin dans la fiction avec un air de cauchemar. Un mélange d’idées affolant. Un très bon divertissement.

 

 

Commenter cet article

Zabou (avenuedelhorreur) 24/07/2012 13:24

Faut vraiment que je découvre cet auteur d'urgence !!! Joli article :)

Crismo Faceaubook 24/07/2012 14:11



plaisir assuré



Foumette 07/07/2012 13:16

Super...je vois de nouveau!!!!
Tu es trop fort toi..piquer un phare doit demander d'être musclé comme un bison!!hihih
Et puis je peux dire merci...si j'en ai envie na!!!!!
Merci encore donc! ;-) ;-)

Crismo Faceaubook 07/07/2012 13:32



mdr ! je ne te dis pas de quoi ...



Foumette 06/07/2012 20:59

Petits soucis techniques...je ne sais pas voir mon comm ni ta réponse alors que ma boite mail me dit qu'il y en a!!!! Je te préviens...juste pour tu sois au courant si il y a un blème avec
overblog!!!

Christophe 07/07/2012 01:08



ça à l'air de fonctionner ici, je vois ton com là tout de suite maintenant



Foumette 03/07/2012 09:31

Après avoir lu "Apparition" que j'ai dévoré et adoré, je me suis commandé "Démence". Je suis vraiment conquise par cet auteur...
On dit merci à qui??? A toi Crismo!!! Merci pour ces précieux conseils qui font de ma lecture un plaisir intense!!

Christophe 03/07/2012 09:35



Ne me dit pas merci...je pique un "phare"... Vraiment content que tu aimes, une autre dimension déjantée, avec
frisson en plus, ça change ;) Bisous !



Foumette 09/06/2012 10:32

Je vais recevoir Apparitions d'ici peu...hâte de le lire hou la la!!!Je sens que je vais passer des moments intenses comme je les aime!! Merci à toi pour ces chroniques qui donnent envie!!!

Christophe 09/06/2012 10:34



Cool, j'espère que ça te plaira. Avec plaisir, je te souhaite une tonne de frisson...