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La dette : T1 (Mike Nicol)

Publié le par ChrisMo

la dette

Ombres Noires

Éditions (2013)

 Mike Nicol

 

Je conçois ce livre plus comme l’intégrale 1 sur 3  du recueil d’histoires courtes distinctes de Mace & Pylon. Ce premier opus recense 3 titres : l’embrouille, la transaction et la dette. Ce n’est pas un roman.
 

Dans l’ensemble, le montage est bien, le style est cinématographique (tout en action avec une décoration minimaliste). Pas de temps morts. Écriture aérée. Lecteur directement embarqué dans un suspens léger continu, dans des actions dynamiques, dans une approche de la pègre occupée par le trafic de drogue, d’armes, de femmes, de protections rapprochées. Petit dosage de flashback. Cette série à tout pour plaire. En surface !
 

Tous les sujets me semblent traités en surface uniquement.
 

À chaque partie, j’avais envie de continuer la lecture, car j'étais curieux de voir dans quelle direction l'auteur allait m'emmener. Allais-je être surpris ? Je pensais que j’étais devant le début d’un roman « chorale » bien orchestré, avec une chute qui risquait de faire mal, quelque chose d’énorme. J’ai poursuivi, diverti quand même, espérant que la troisième partie donnerait du tort à mon impression fumeuse. Puis ne voyant rien venir, à la fin j’espérais une chute importante qui m’aurait donné envie d’acheter la suite. Au final, je n’aurai pas eu ce plaisir. Avais-je eu trop d’attente ?
 

Je suis resté sur un simple feuilleton. C’était bien des séquences avec une petite trame transformée à chaque fois. Retour de personnage de l’épisode 1, qui avait été largué en milieu de terrain (donc en épisode 2), dans l’épisode 3. Reprise du duo Mace et Pylon et de l’un ou l’autre acolyte dans chaque partie. Oui, des éléments s’entrecoupent, des fils se touchent, la pression monte. Et pourtant pas de jubilation. Pas de surprises.
 

Les trois affaires gardent un fil conducteur : un duo en Afrique du Sud qui semble ne jamais atteindre cette tranquillité espérée à cause de leur passé douteux. Une intrigue où tout reste très caricatural. Des ex-trafiquants qui se reconvertissent dans la sécurité et aspirent à une vie de famille tranquille. Un coup de téléphone et un contrat au bout du fil. Un service à rendre, une dette à honorer. Débarquement de personnages mafieux italiens de NY, de femmes manipulatrices, intelligentes, belles et dangereuses. L’esprit de vengeance règne. La convoitise aux abois. La violence s'exprime avec quelques pétarades et une grosse explosion.
 

Pour moi, Mace & Pylon c’est Mel Gibson & Dany Clover dans le film culte explosif, « L’arme fatale » (dans les années '90). Sauf qu’au lieu de 2 flics américains en fin de carrière, on a droit à 2 trafiquants sud-africains qui aspirent à une pension dorée. Avec des conflits moins percutants. Attention, la touche féminine oblige. Pour votre sécurité, dites bonjour et soyez sympathique avec la belle. L’image du diable qui s’habille en Prada ; la mystérieuse qui apparaît çà et là ; celle qui manigance certainement quelque chose de très très méchant : Shemyna February.
 

Dommage, un pétard mouillé pour moi. L'intrigue m’a paru trop classique. Vu la maîtrise du genre polar annoncé chez Mike Nicol, je trouve qu'il aurait pu corser un peu plus la chose. Un mélange des trois histoires en guise de base par exemple ? D’accord je suis un peu gourmand. J’ai ressenti la même chose que pour « Vents mauvais » de Michael Marshall ou « Le passager » de J.C.Grangé. Ces livres où les auteurs ont trouvé la bonne idée originale, les éléments adéquats pour une histoire intelligente, mais qui ont manqué d’aboutissements. À cause d'un rien de précipitation, ça n'a pas pris.


L’essentiel est qu’il m’a manqué de la profondeur pour dépeindre la noirceur présumée de l’ouvrage. Je me voyais rentrer dans les « Townships », m’imprégner du contraste avec les quartiers résidentiels, la fameuse question de différence raciale... Enfin, il m’aurait fallu plus de profondeur à propos de la vie dans le Cap.


Prenez par exemple, même si je n’ai pas fini de le lire, la froideur, la tristesse, l’état d’âme, le ton d’un Roy Cady alias Big Country, recouvreur de dettes, personnage principal de Galveston de Nic Pizzolatto et transposez le dans « La Dette ». On obtiendrait une bombe.


Quoi qu’il en soit, peut-être que la suite apportera cette touche de finition ultime ou peut-être pas ? En attendant, Mike Nicol offre un polar divertissant dans lequel il manque de matière, malgré le talent ressenti et la qualité du récit qui se lit d’une traite.
 

Un clin d'oeil aux Editions Ombres Noires pour l'objet livre : j'ai été très impressionné par la couverture, le format et la texture. 

 

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Cinq Jours de Douglas Kennedy Belfond 21/10/2013 08:19

Très passionnante! Les idées sont vraiment excellentes.

ChrisMo 21/10/2013 08:38



Merci beaucoup !!