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La machine à écrire la mort (R.North/M.Bennardo/D.Malki!)

Publié le par ChrisMo

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La machine à écrire la mort (2012)

Ryan North-Matthew Bennardo-David Malik !

Machine of death (2010)

Un cadeau de la maison ! Merci.

Une machine se vend comme des petits pains partout à travers le monde. Exposée comme un distributeur à café, ou encore comme un distributeur de friandises qui vous révèle une envie soudaine de sucrerie chaque fois que vous le voyez. C’est exactement le même principe pour la machine à écrire la mort, qui, après une légère pique sur le bout du doigt que vous avez incrusté nerveusement dans l’orifice conçu pour, qui, une fois votre ADN relevé, régurgite un billet en format carte de visite classique sur lequel un ou deux mots vous annoncent votre fin. Votre mort.

Un sujet qui a provoqué un débordement d’imagination de 500 pages chez les 33 auteurs (et non 34, car D. Malki! a monopolisé la place avec 2 textes) qui ont participé au recueil de nouvelles paru chez Fleuve Noir. Mmm ! 33 c’est un signe. Surtout le 21/12 ou l’addition des deux nombres donne, je vous le donne dans le mile, 33. Dites : 33 !

C’est de cela qu’il s’agit. Du destin. Certes, malléable à merci. En fonction du positionnement de chacun , de la compréhension et du niveau d’adhérence à l’ésotérisme, à l’existence divine et son absence, à l’orde et le chaos, à la paranoïa et la sérénité, aux sens et aux non-sens de tout et de rien. Et, peu importe les ramifications qui nourrissent, un parcourt bien rempli ou ennuyeux, heureux ou malheureux. Fouillez les manuels théoriques sur le mouvement de groupement social, l’état du monde économique et politique, la complexité psychologique d’un être ou d’un ensemble d’individus, la théorie de la relativité d’Albert Einstein, la théorie de l’orde et du chaos de Stephen Hawking, les théories physiques sur le fonctionnement de l’univers. Malgré tout cela, l’issue de toute vie reste identique, la mort.

Quel est l’intérêt de connaître une fin inévitable, si ce n’est pour se rassurer et gagner quelques années de respiration quand la chose est prise avec philosophie. Dans le cas contraire, elle entraîne la folie humaine à son paroxysme.

S’il fallait retirer des nouvelles du lot pour illustrer quelques exemples, je choisirais celle de J-Jack Narau et « Le peloton d’exécution ». Une des plus longues que j'ai trouvé beaucoup trop courte. L’auteur est un excellent conteur. Dans le style, fluide, pas trop dense, presque poétique, son texte est le meilleur de l’ouvrage. Narau nous raconte comment un gars s’est retrouvé au milieu d’un groupe de révolutionnaires qui utiliserait la machine pour dépister les traitres… Dans « Cancer » David Malki! a privilégié une version sentimentale ou l’on retiendra que c’est le souvenir de l’être perdu l’essentiel. Sa deuxième participation « Cocaïne et antalgiques » est une démonstration approfondie de marketing dans la vente télé-achat. Serait-ce peut-être une révélation de la manière dont l’idée de la machine a été judicieusement véhiculée pour atterrir sur nos étagères ? Une opération intelligente soulignant la naïveté des gens devant l’achat compulsif de choses inutiles. Forcément, cela nous mène à l’éventuelle naissance d’un jeu d’ambiance commercialisable signé Alexander Danner dans « Anévrisme ». Le pas entre la fiction et la réalité est facile à franchir ici. Un jeu de société qui risque d’apparaître dans peu de temps sur le véritable marché du divertissement en famille. Une ambiance du jeu « Qui est-ce ? », version face à la mort.

Avant d’en finir avec une citation qui résume très bien le thème. Je cite mon auteur préféré de tous. James Foreman qui signe un très intelligent « Mort thermique de l’univers ».

J'étais sur le point d'accorder 3 étoiles sur 5, sur le site Babelio, à cet ouvrage. Un livre presque de circonstances dans l'euphorie paranoïde, comico ridicule encensée par la fin de calendrier. Mais pourquoi donc ? Me demandez-vous avec insistance, hurlant dans un porte-voix mégaphone, brandissant des pancartes d'indignation.  Après tant d'enthousiasme révélé dans les paragraphes précédent ?
Pour un seul texte apparu en fin de livre, une perle. Très intelligent. Des mots qui ont changé et nourrit mon approche de l’ensemble. Le titre de la nouvelle de Foreman pourrait faire peur et annoncer du chipotage casse-tête, mais détrompez-vous. C'est d'une grande clarté. Vous découvrirez la lucidité d'un personnage proche d'un Will Hunting, Brian, influencé par Stephen Hawking (je dois le découvrir absolument, essayer de le lire et le comprendre en tout cas), amoureux, il veut protéger sa copine Maggie qui devrait mourir à cause d’une bombe nucléaire. Un texte très étonnant et puissant pour moi, vu qu’il a influencé l’entièreté de mon commentaire. Quel plaisir de rencontrer une surprise au moment où l'on ne s’y attend plus ! Un petit passage à partager :

« Nous avons observé un long silence. Je lui ai dit plus tard que j’aurais voulu rester là à tout jamais, nos avenirs fluctuant à mi-chemin entre la connaissance et l’ignorance, et que ce moment dure pour occuper toute la vie. Est-ce que cela aurait été une forme d’ordre ? Sachant que chaque option vous fait basculer de façon irréversible. Mais si vous refusez de choisir ? Est-ce l’ordre ou le chaos ? »(p454)

La citation pour conclure, nous la devons à l’auteur d' « Effusion de sang », Jeff Tantz :

 « Ma fin est programmée, je suis un mort vivant ».

 

Site de La Machine :) link

Site Edtions Fleuve Noir link

 

Commenter cet article

Jona Muller 07/01/2013 23:49

Il à l'air sympa celui-là... Faut que je me le trouve.

ChrisMo 08/01/2013 08:01



Ce n'est pas effrayant hein :) mais c'est original.