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Le choix vous appartient (Dean Koontz)

Publié le par ChrisMo

dkoontz

Le choix vous appartient (2009)

Velocity (2005)

Combien n’ont-ils pas eu la certitude d’avoir une vie aussi lacérée par le destin que Billy Wiles ? La seule alternative qui s’offre à vous, votre échappatoire, c’est quoi ? L’espoir ? L’halot d’une flamme au sommet du gouffre dans lequel vous ramez ? Ne vous êtes-vous pas demandé s’il était envisageable de ne plus vous battre ? En se disant de toute manière pire que mauvais, ou bien au point où j'en suis. Alors, il ne reste plus qu’à se raccrocher à des petits détails du passé, vos douleurs, ruminer jusqu’au crépuscule, lui-même annonciateur de nuits sans sommeil. Celle où vous cherchez votre inspiration pour tenir jusqu'à l’aube et puis jusqu'au prochain coucher de soleil.

 Billy Wiles a été frappé par le destin dès son adolescence. Toute sa vie sans remous, il s’accroche pour ne pas céder au stress du monde extérieur. Il mise sur la tranquillité crée à travers le travail de barman, une rencontre amoureuse, la sculpture sur bois, et l’écriture. Une vie qui s’efface dans une minuterie sans défaillance. Et pourtant.
Les coups du sort sortent de l’ombre en courant, la chasse est ouverte, les maisons sont touchées par l’obscurité. Certaines gardent portes et fenêtres closes. Et malgré toutes tentatives de maintenir un quotidien somme toute banal. Le destin passe. Pour Billy, sa récente compagne a mangé l’infecte, Barbara a été victime d’un médicament douteux. Elle est tombée dans un coma sans retour possible, selon le médecin de l’hôpital de Whispering Pines.

Alors que sa vie sociale est effacée pour ne se concentrer que sur ses habitudes pendant quelques années, Billy est à nouveau renvoyé sur le ring face à un adversaire acharné et brutal…

Un soir, après son service, il trouve un mot sur le pare-brise de son véhicule. Un choix s’impose à lui. La mort d’une personne plutôt qu’une autre. Avec ou sans l’aide de la police. Sans signature. Le canular est vite retenu par Lenny, son ami flic, artiste malheureux, solitaire, une erreur de vocation. Lenny annonce un jour plus tard la mort d’une victime qui correspond aux caractéristiques du type de femme mentionné dans le premier message reçu par Billy. Les disparitions et les cadavres laissent peu de place à l’inactivité.

Agir est le seul moyen de ne pas délirer. La ligne est très fine. C’est là que le choix vous appartient.

La suspicion influence la paranoïa. La montée d’adrénaline force le jugement. Poussée à l’extrême, au plus profond de la zone tabou d’un individu, la faille, le point faible malaxé englouti dans les marais du refoulement de choses néfastes, oblige tout un chacun à faire un choix déterminant pour maintenir l’inacceptable à distance. Options judicieuses, c’est à espérer. Les faits finalement mènent toujours dans un intervalle borné par deux extrêmes, la vie ou la mort. L’instinct de survie ou la capitulation par le suicide.

Billy fera preuve d’une grande faculté d’adaptation, d’intelligence, face aux événements inqualifiables qui provoquent sa folie sur l’espace d’une semaine. Il en devient presque un sociopathe, s’il n’avait pas eu ses espoirs, Barbara, l'amour de sa vie…

« Quels sont les traits de sa personnalité, bons ou mauvais, allait-il découvrir/ou redécouvrir chez lui dans les 36 prochaines heures ? » (p252) Question valable aussi pour les 36 heures précédentes.

Agir sans attirer l’attention de la police, maitriser la tension et la discrétion. Attendre que l’ennemi frappe ou le devancer. Esquiver sans pouvoir frappé jusqu’à l’essoufflement de l’ennemi. Ne pas trop réfléchir et surtout agir. Ne pas perdre la raison pour favoriser la lucidité. La réflexion logique constante… même si la victime est harcelée de très près… sans raison apparente… Sans aide… Il est capital d’agir, agir, agir et ne même pas ressentir la persécution. Autant dire que la force de caractère de la cible acculée se décuple et lui donne une chance d’être sauvée. Le choix, même quand il n’y en pas, vous appartient. C’est la différence, prendre l’initiative même si tout est contre le pauvre déboussolé par la violence qui joue avec et contre lui. Comme l’orque joue avec le pingouin…

Pour l'histoire, bémol, très minime.

— Les citations sans références dans le texte sont une petite erreur rattrapée en fin de livre sous forme de supplément. C’est comme cela que le lecteur découvrira, sauf s’il connait en profondeur, une partie de l’œuvre de TS Eliott et Dickens. Dickens est quand même cité dans le livre, mais pas pour tout.

— L’endroit offert à Billy pour cacher ce qui doit l’être. Un corps par exemple, sans vouloir… même si beaucoup connaissent déjà l’intrigue. Un lieu, donc, qui est miraculeusement idéal, qui tombe à point nommé ou le détail trop facile : c'est la cheminée volcanique, le fameux gouffre de plusieurs kilomètres mangeurs de preuves…

— Des indices compromettants pour Billy sont bien cachés. Il cherche et ne trouve pas. Puis l’adrénaline retombée, il retrouve ce qu’il cherchait aussi rapidement que de se poser la question. La tension retombée facilite la réflexion peut-être ? Oublie le mot que tu as sur le bout de la langue et il revient aussitôt que tu n’y penses plus ?

Le divertissement perçu à la lecture prend le dessus très facilement. Une œuvre construite d’instantané, une intrigue solide, un mouvement sans répits, une écriture fluide (semble si simple), un vrai thriller. Une tension de « Cellulaire » combiné à « Shining », un choix décisionnaire traité dans « Nuits noires, étoiles mortes », les 3 références font allusions à Sking, le tout imposé par un tueur en série illuminé proche d’Hannibal Lecter (T Harris). Un individu manipulateur adepte de la possessivité, de l’humiliation du faible. Qui prend plaisir à ce que l’autre se renferme sur lui-même. Le détruire psychologiquement. L’usage de la violence physique, et surtout provoquer le sentiment de culpabilité chez sa proie. Provoquer la peur, l’inaction, l’attentisme. Pourquoi ? Pour une œuvre, une cause qui dépasse la compréhension du faible. Le manipulateur aime passer à la vitesse supérieure. Et surtout le dire à sa victime pour lui faire comprendre qu’il n’y a aucune possibilité de sortie. Sauf se soumettre aux règles du psychopathe, pour l’histoire de Koontz, de l’alcoolique, du drogué ou du profiteur dans la vie de tous les jours. Le sentiment de puissance ressenti par le perturbateur est une des raisons principales de la source des tracas subits par les innocents.

Un bon bouquin. Très style « cinéma d’action américain ». Plusieurs coups de théâtre accélèrent le mouvement. Jusqu’à une chute tout en douceur. Prendre son temps, quel plaisir. Après une telle dose de chaos intérieurs…

 Autres livres de l'auteur au LDP link

Les éditions JC Lattès link

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Foumette 14/11/2012 16:13

Je me le note ce petit!! Tu m'as titillé les neurones toi!!!!La bise...

ChrisMo 14/11/2012 17:17



He he ! Bisous !



jean 12/11/2012 10:48

Tu as pris ton temps pour l'écrire cette chronique, Christophe.Et le résultat est probant, nom d'une pipe ! Je ne pourrais pas faire pareil.
J'ai lu le livre au début de cette année, je crois; j'ai le sentiment, à la lecture de ta chronique, d'avoir loupé plein de trucs. De là à le relire, certainement pas tout de suite mais je ne
n'exclue pas une lecture sous un autre angle en 2013. Tu es un sacré manipulateur, tu le savais, çà ? Amitiés.

ChrisMo 12/11/2012 10:52



Woah Jean ! Que dire. C'est vrai, j'ai attendu, je ne savais pas par où commencer, comme d'habitude en fait...Tu sais, même si je reste discret, j'aime autant tes chroniques ;) Ne change rien. Tu
me touches. A propos de manipulation, je t'ai envoyé un collis vendredi, je ne voulais pas te faire attendre :) A très vite.