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Le disciple de Las Vegas (Ian Hamilton)

Publié le par ChrisMo

IanHamilton

Le disciple de Las Vegas (10/18-2013)

The disciple of Las Vegas (2010)

Ian Hamilton

L’auteur partage son expérience, son goût du voyage, de l’Asie et de l’action dans ce deuxième épisode sur les cinq qui constituent la série d’Ava Lee. Le premier « L’évadé de Wan Chai » a reçu le prix Arthur Ellis du meilleur premier roman policier canadien en 2012.

Ava Lee est une comptable, surtout une experte en fraude financière et en recouvrement de dette. Elle est associée à l’oncle (son mentor) depuis une dizaine d’années. Elle use de méthode efficace digne d’un « homme de main » pour arriver au terme d’un contrat. Une femme de caractère dans un milieu mafieux et macho. Discrète sur sa vie personnelle, portée sur les femmes, tenace, sûre d’elle et droite. Elle se charge d’un dossier de fraude immobilière qui pèse un peu plus de 50 millions de dollars. Son client milliardaire, Tommy Ordonez est un expatrié chinois qui a fait fortune aux Philippines. L’affaire concerne une de ses filiales à Toronto au Canada. Le danger n’est jamais loin du duo, d’autant plus qu’un ancien malfrat rossé par Ava dans un précédent dossier veut se venger. Les triades ne sont pas loin dans ce mélange de relations d’affaires. Un contrat a été établi sur la tête de la belle…

Un scénario qui promet une sacrée dose d’action. Le risque c’est le thème : « on m’a volé mon argent, j’envoie les meilleurs, il va y avoir de la bagarre dans tout les sens, et l’argent réapparaît »

+ Le montage financier (un détournement de fonds, lui-même détourné…) est malin. Même s’il est attendu. On voyage, les villes défilent. Ava vole De Honk Kong à Vancouver, à Manille (Philippines), en passant par Victoria (capital de la Colombie-Britannqiue/Canada), Toronto, San Francisco (États-Unis) et Los Angeles… Le rythme est rapide, très fluide, sans nœud dans l’histoire. L’auteur gère sa troupe de personnages. Le contenu est clair et bien amené, muni d’une bonne gestion des nombreux éléments et liens entre personnages. Une détective parfaite, toujours convaincante. Aucune lourdeur. Les actions et les déplacements qui s’enchaînent favorisent le récit, c’est ce qui permet au lecteur de lire l’intégralité du roman sans se forcer. Et puis, avec un tel réseau de contacts, on se demande s’il existe un obstacle qui pourrait freiner l’héroïne dans son avancée propre et sans bavure. Des scènes d’actions bien coupées, une succession logique des évènements.

Et pourtant rien d’exceptionnel.

— C’est ce côté connu des faits qui m’intrigue. Tout, et c’est ce qui m’étonne, le rassemblement de faits est composé de « clichés » même jusqu’à la tentative de complication de l’histoire. Ce sont des vérités simples qui amènent aux escrocs rapidement. Tout cela sans difficulté et les personnes concernées ne s’en cache guère. Chacun reconnait son méfait dès le départ. Ce qui permet d’avancer rapidement dans la résolution de l’enquête d’Ava. Petit à petit, les ramifications de l’histoire se multiplient... La technique qyu consiste en l'ajout d'une déviation par rapport au schéma de base fonctionne, mais se cantonne sur une idée simple à chaque fois. Malheureusement, l’auteur plonge sur la première idée à laquelle tout lecteur aurait pu penser…

Le tout est trop carré, linéaire. La psychologie des personnages est expéditive. Pas de surprise pour la comptable-enquêtrice et encore moins pour le lecteur. Ava semble opérer comme un automate… Le carnet d’adresses extrêmement bien fourni rend les ramifications qu’aurait pu prendre l’histoire plus simple. Le coupable, c’est « l'appel à un ami » qui permet de graver les échelons pour atteindre le million beaucoup trop facilement. Au point d’en abuser et de limiter le suspens. Un problème, une question : « Allo, tu ne connais pas dans tes contacts… » Là, c’est trop. Au final, à cause de ce côté « trop carré », la chute est sans surprise.   

Par moment, des marques de vêtements ou d’objets personnels sont citées (sac ou parfum) et à d’autres, les descriptions vestimentaires sont expédiées sans noms de marques… Ou encore, il y a d’autres instants où Ava, par exemple, s’inquiète du vent ou de la pluie. Détails plats qui ne nourrissent pas le texte d’une ambiance particulière tellement les phrases ont été réduites au strict minimum. Il en ressort une banalité plus qu’un intérêt pour la condition météorologique du moment qui pourrait poser problème à…

Bien qu’Ava n’ait pas le temps pour des futilités à caractères personnels durant sa mission, elle s’en explique. C'est la raison pour laquelle on ne sait que peu de choses sur elle et sa vie privée. Mise entre parenthèses. Cependant, c’est ce qui provoque le côté académique de l’histoire, beaucoup trop débroussaillé et vide… L’argument qui contre cette impression de manque de profondeur est tout simplement qu’il s’agit d’une série et que le lecteur devrait apprendre à connaître l’héroïne au fur et à mesure. Histoire de ne pas mettre tous les œufs de l’auteur dans le même plat. Ça se tient.

Dans l’ensemble c’est un livre qui se lit vite, avec un personnage féminin très fort, puissant, agile (avec sa maîtrise du Pak Mei), et enfin, moderne surtout dans son usage du GSM et du mail pour nourrir ses relations personnelles presque absentes.

Avis mitigé donc, ou 50/50 si vous préférez.

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