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Rafael, dernier jours (Gregory Mcdonald)

Publié le par Crismo Faceaubook

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Rafael, derniers jours (1996)

The brave (1991)

Gregory McDonald

 

Il ressemble à un indien, probable, il vit dans la suie, les restes, les bas fonds de la société en Amérique du sud à Morgantown. Ne cherchez pas cette ville. C’est un terrain crasseux jouxtant une décharge. Il a toujours vécu là-bas. Il est marié, fauché, trois enfants, analphabètes, « vodkanologue ». La seule eau potable quand il n’y a pas de bière. Lui et les siens boivent ce qu’il y a. Pour vivre, la communauté se sert de la poubelle du peuple au-delà de la clôture sur les montagnes de verres, de métaux... La santé tient autant qu’elle peut. Il a l’opportunité de savourer une ultime fois le bonheur qu’il pourrait lire sur le visage de sa femme et de ses enfants. Cela semble suspect pour son entourage, ses compagnons de vie, sa famille. Il a trouvé un boulot.

30 000 $ en échange de sa vie. Le rôle principal dans un « snuff movies »

Alors, il faut le préciser tout de suite, l’auteur prévient dans l’avertissement aux premières pages du livre :

sur le troisième chapitre qui traite de la pratique du « snuff movies » : « L’auteur se rend bien compte que ce chapitre est particulièrement intense et éprouvant, pour tout ce qu’il exprime sur la cruauté humaine » « … l’auteur est persuadé que les situations et les événements décrits dans ce chapitre servent le propos général du livre... »  « … il est souhaitable, d’inclure ce troisième chapitre dans la lecture de l’ouvrage. »

Somme toute, 15 pages sur les 190 pages de ce livre qui pourrait être une fable étant donné que ce type de film barbare décrit est considéré comme une légende urbaine. La violence gratuite au service du voyeur qui finance le vice.

Des liens sont vite fait de mon côté. Un individu qui n’a rien à perdre en apparence et prêt à se sacrifier pour sauver les autres. C’est en Amérique du Sud que la proie est choisie, même si ce n’est pas certain, la future victime est un indien. J’y voyais une allusion à une histoire chargée et douloureuse du peuple amérindien entre autres. J’y vois une image de la pauvreté de l’Amérique latine toujours exploitée, gérée par les États-Unis. Le rôle du gardien de la décharge interprète bien ce symbole d’exploitant et exploité. Pour finir l’usage de MC Carthy pour nommer le patron, un anarqueur, qui engage l’indien. Le nom du sénateur à l’origine de la chasse aux sorcières, maccarthysme entre 1950-1954, et qui évincé se noie dans l’alcool quelque mois avant de mourir. Un contraste contradictoire, j’y voyais le fripon de l’histoire dans le roman qui porte le nom de celui qui  combattait l'escroc en haut lieu à une époque.

En si peu de page tellement de thèmes sont abordés. La jalousie, l’aubaine pour enrober une vérité simple. L’insolence de l’homme averti, son abus de confiance, l’hypocrisie d’un état et des gens qui y vivent, la simplicité sans complexe, l’honnêteté désintéressée l’appât favori de l’homme cupide.

L’indien, c’est Rafael qui signe RAEL. Les derniers jours de Rafael avant sa mise à mort. Rafael signifie « Dieu guérit », il essaie d'ouvrir les yeux des siens pour guérir ce qui ne peut l'être, l'innocence...peut-être. Ces jours, ont des airs des derniers instants du christ, un dernier repas, la trentaine, ni haine ni animosité, il veut voir le bonheur une seule fois. Cela n’a pas de prix.

« Seigneur…je vais finir salement plus amoché que Toi » p143

 

 

 Site de l'édition 10/18: link

 

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Foumette 01/09/2012 19:44

Très très trash je trouve!!Un livre marquant que j'ai bien aimé!!!

Crismo Faceaubook 01/09/2012 19:46



Ah oui Foumette dur et triste, j'ai beaucoup aimé aussi ! bisous



Pierre FAVEROLLE 31/08/2012 21:16

Salut Crismo, un des livres les éprouvants que j'ai lus (avec American Psycho et Simetierre) et pourtant un de ceux que je ne peux oublier. Un grand livre, un très très grand livre.

Crismo Faceaubook 31/08/2012 21:24



Oh j'ai été très surpris...tu as les mots juste, rien à ajouter. Si tu en as d'autres, des grands livre...Je t'écoute, tu sais que presque tout ce que je lis est découverte donc...Grand merci
Pierre, je me rapelle que tu m'avais conseillé de lire en plusieurs étapes La trilogie berlinoise...